Le chamanisme s’avérant assez polymorphe, ces définitions restent les miennes – parmi de nombreuses autres.

Notions générales

Le terme “chamanisme” est employé pour décrire une large palette de pratiques, différentes mais partageant néanmoins un socle commun. Le mot “chamane” lui-même est un emprunt des anthropologues à la langue des Toungouses – ou Evenk – de Sibérie. “Chamane” et “chamanisme” ont été employés pour désigner des hommes, des femmes et leurs pratiques spirituelles analogues à travers de nombreuses ethnies et cultures.

De quoi parle-t-on exactement ? Les pratiques chamaniques sont des techniques anciennes, éprouvées par le temps, qui permettent de mettre en relation les humains et les réalités spirituelles, par des méthodes (tambour, chant, danse, ingestion de plantes psychoactives, rituels…) modifiant l’état de conscience pour accéder à l’invisible. Il est ainsi possible d’accéder à une compréhension nouvelle et élargie de la réalité, et d’obtenir de l’aide pour s’aider ou aider les autres en explorant l’esprit, les mondes spirituels, et en y interagissant.

En effet, en état de conscience chamanique on n’observe pas seulement l’esprit, les dimensions spirituelles comme des objets à comprendre, on y entre de plain-pied et on participe finalement à l’existence de la réalité.

La réalité spirituelle à laquelle le chamane se relie est infiniment riche de ressources… Celles-ci se révèlent habituellement sous la forme des esprits alliés, sous tous leurs aspects : animaux, éléments naturels, chamanes, animaux “de pouvoir”, “totems”, guides… avec lesquels le chamane interagit.

Mise en pratique et Core Shamanism

Le chamanisme que je pratique et transmet dans les ateliers est basé sur le “Core Shamanism” – en français “Chamanisme fondamental” ou “Chamanisme essentiel” – de Michael Harner. (Voire la page Ressources si vous désirez en apprendre plus sur ce sujet).

Le Core Shamanism est enseigné par la Foundation for Shamanic Studies ou FSS – Fondation pour les études chamaniques.

Cette approche s’enracine dans les fondamentaux communs aux chamanismes traditionnels, et privilégie l’expérience personnelle. On utilise le tambour pour accéder à la réalité spirituelle : c’est un outil qui est à la fois pratique, compatible avec notre culture actuelle et très efficace.

Lorsque l’on a appris les bases du voyage chamanique et du travail avec les esprits alliés, il devient possible d’explorer la réalité chamanique par soi-même. Cela permet de développer progressivement une pratique et une cosmologie nourries par ses propres expériences, car dans la pratique chamanique, les véritables enseignants sont les esprits alliés et l’apprentissage se fait par l’expérience.

Mon point de vue

Le chamanisme est une approche spirituelle évolutive qui, à mon avis, répond toujours efficacement à nombre de problématiques humaines actuelles.

Les pratiques chamaniques sont un outil possible pour restaurer, et optimiser l’intégrité de l’être humain, en travaillant directement dans sa dimension spirituelle.

Elles forment aussi un pont vers une autre vision de la réalité, un autre rapport au monde en nous sortant du cadre “tout rationnel, tout matériel” qui domine nos cultures actuelles. L’approche chamanique, quelles que soient nos croyances et concepts personnels, nous rappelle que l’univers est sensible, intelligent, conscient. On se rapproche d’une « écologie » spirituelle où tout être est respectable et peut être un enseignant…

Dans un contexte qui nous appelle à nous renouveler, à (re)développer notre créativité, il me semble pertinent que l’accès aux méthodes chamaniques et aux ressources spirituelles s’ouvre, dans l’intention que chacun puisse restaurer sa propre autorité spirituelle et créative.

Le chamanisme est en lien étroit avec la nature, reconnue comme un modèle d’équilibre, de savoir-faire, de sagesse… C’est aussi une source précieuse de guérison, d’apaisement, de transformation et de renouvellement. Dans nos habitudes déconnectées et effrénées, le contact avec la nature – et une dose de silence (!) – est vital…. Sans qu’il soit question de pratiques particulières, je vous encourage à sortir, vous promener et y passer du temps ! La nature est un espace de ressourcement, le refuge de l’expression harmonieuse des forces de la vie.

Je suis convaincu que nous avons tout à gagner à retrouver cet espace, son inspiration, à retomber amoureux de ce monde magique dans lequel nous vivons…

En fin de compte, l’amour de la nature, l’amour de l’univers, est sans doute le plus puissant remède à disposition du chamane ; distillé sous l’infinité de formes qui lui sont nécessaires par tous ses alliés.